Historique du Foyer

ROUEN, Saint Olav, hier, aujourd’hui et demain

 

 

fondation de l’église :

Elle s’inscrivit dans le cadre du développement de l’activité portuaire rouennaise ; à la fin du XIXième s. les quais G. Boulet et Boisguilbert furent aménagés, dans les rues adjacentes se construisirent ateliers, entrepôts, bureaux, hôtels et bars à matelots.

Ce fut après la Première Guerre Mondiale, que la Mission Norvégienne des Marins souhaita construire, dans ce quartier, un lieu de culte protestant luthérien pour les marins transportant les cargaisons de bois scandinaves. Les principaux financiers furent Fritz W. Jarlsberg, ambassadeur à Paris de 1921 à 1930, et l’armateur Halvdan Wilhelsen qui participa en 1919 aux travaux de la Conférence de Paix. Dans ce contexte, le projet s’enracine également dans le désir de conserver la mémoire des matelots de la marine marchande dont les navires furent torpillés malgré la neutralité de la Norvège.

L’édifice fut construit en 1926, l’écrivain Ivar Lo Johansson fut l’un des ouvriers qui travaillèrent à sa construction (Un vie de vagabond en France, publié en 1927).

Le bâtiment fut vendu en 2004 par l’Eglise luthérienne de Norvège à l’ARAM l’Association Rouennaise des Amis des Marins.

Son architecture :

Dessinée par l’architecte Persson, la façade néo-classique est surmontée d’un clocheton dont la coupole est légèrement baroque. Enduit rose saumon d’où se détache la blancheur des pilastres, couleur vert-de-gris de la toiture… l’ensemble fait penser au goût suédois du XVIIIième s.

Au dessus de la porte, une verrière aux motifs floraux, réalisée en 1926 par Rolf Klemetsrud, fait pénétrer une lumière colorée à l’intérieur.

Des murs clairs, sans décors sinon une citation de Bernard de Clairvaux fondateur de l’ordre cistercien au 12° siècle, peinte dans le chœur : « Oraundo facilius quam disputando et dignius deus quæritur et invenitur ».

Son vocable :

Ce n’est que dix ans après sa construction, que fut proposé de donner à l’église le nom de Saint Olav. Lors du baptême officiel, le 24 janvier 1937, H.H. Backe, alors ambassadeur de Norvège, exprima la raison de ce choix : « Il est bon d’avoir une église Saint Olaf pour rassembler les Vikings de nos jours dans la vieille ville de Rollon ».

L’évocation du baptême d’Olaf Haraldson par l’archevêque Robert II, noue un lien de Rouen à Trondheim, de la Normandie à la Norvège.

Son mobilier :

A gauche de l’autel, une céramique émaillée à la manière de Della Robbia, don du sculpteur Krag. Elle évoque le Bon Pasteur.

Offertes en 1938, deux maquettes de navire ; l’un “viking” le Gange-Rolv (Rollon) de l’ébéniste Kaland , don des amis de Harganger, et l’autre, le trois-mâts Saint Olav construit par le maître d’équipage du s/s Bolette Johansen, don des marins. Si le navire Viking n’est plus là, le trois mâts orne toujours le piano.

Des photos ne gardent plus que le souvenir :

d’un orgue. Construit par le facteur parisien Gonzales, il fut inauguré le 14 novembre 1938 démonté et mis à l’abri de 1940 à 1945, il a ensuite accompagné de nombreuses cérémonies religieuses ou nationales scandinaves. Restauré par l’Association Rouennaise des Amis des Marins mais conservé par l’Eglise de Norvège lors de la vente en 2004, il a quitté la tribune pour être remonté près d’Alicante en Espagne.

d’une plaque de marbre offerte également en 1938 par l’Association Franco-Norvégienne, et qui aujourd’hui se trouve dans l’église norvégienne du Vésinet. Le texte commémore la participation de soldats volontaires norvégiens, aux combats de la Grande Guerre.

Autre disparition, une cloche marine en bronze qui portait la devise de Jeanne d’Arc « Si les ennemis sont sur mon chemin, Dieu y est aussi ». Donnée par un français fervent ami des pays nordiques, longtemps elle se vit à droite de la tribune jusqu’à son envoi en Espagne.

En 1978, I. L. Johansson, en visite à Rouen, retrouva le subtil sourire du Christ en croix qu’il avait sculpté et essayé vainement d’effacer 52 ans plus tôt. L’autel de pierre et le baptistère originels, que l’ouvrier écrivain contribua à édifier, ont quitté l’église Saint Olav.

Son usage contemporain :

Il perpétue l’accueil des marins (environ 4000 par an) dans le cadre du Seamen’s Club animé par l’Association Rouennaise des Amis des Marins et permet aux marins d’y trouver un espace de recueillement ou de jeu ; il reste à la disposition des communautés catholique, anglicane et protestante dans une perspective œcuménique. Des concerts s’y donnent.

Depuis son achat en 2004 par l’ARAM, l’édifice est régulièrement restauré par l’association, ravalement extérieur tout d’abord puis réfection des peintures intérieures dans le respect des couleurs initiales.

Une infiltration d’eau persistante (côté ouest) nous impose de changer les cheneaux d’origine de la nef et du choeur pour préserver l’édifice. Compte tenu de leur coûts (19000€), les travaux vont s’étaler sur 2 ans, au 4° trimeste 2014 et au 1° semestre 2015. Les seules subventions que nous percevons viennent de la ville de Rouen qui nous soutient très régulièrement depuis de nombreuses années.

Si vous souhaitez participer à la préservation de ce monument original, merci d’adresser votre don à l’Association Rouennaise des Amis des Marins 16 rue Duguay Trouin 76000 ROUEN. Nous en ferons bon usage.

Rouen, octobre 2014

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